Procès du rituel judiciaire au tribunal judiciaire pour l’édition 2023 de la Nuit du Droit :

Pour la Nuit du Droit du 4 octobre 2023, le tribunal judiciaire de GUERET a voulu présenter au public une surprenante mise en abyme du rituel judiciaire, pour mieux le connaître et réfléchir à sa pertinence dans la société contemporaine. 

Afin de comprendre le déroulement de cet événement, il faut se souvenir que le tribunal judiciaire a accueilli le 1er février 2023 une représentation théâtrale dont le sujet portait précisément sur un procès. Ce spectacle était organisé par la Guérétoise des Spectacles et son directeur, M. Hervé HERPE. 

Pour mieux présenter le rituel judiciaire au public lors de la Nuit du Droit, M. HERPE a donc été cité à comparaître devant un vrai-faux tribunal correctionnel pour répondre du délit de discrédit sur une décision de justice. Il était en effet accusé d’avoir discrédité le rituel judiciaire en comparant la Justice au Théâtre. 

L’interrogatoire de M. HERPE mené par le président du tribunal a été l’occasion de d’évoquer une avalanche de termes juridiques et de locutions latines. Le public n’a pas été en reste d’effets de manche savamment moulinés par l’avocate de la partie civile, maître Emmeline BROUSSARD, L’accusation corrosive et bravache, portée par la vice-procureur madame Lydie WAROLIN, a assaisonné l’assistance de frissons avant que la plaidoirie de la défense et celui de la défense, le bâtonnier Philippe LEFAURE. ne détende en définitive l’atmosphère. 

A l’issue de ce procès qui empruntait mécaniques classiques de la procédure pénale, le public entier a été invité à délibérer sur cette question : « Le rituel judiciaire a-t-il une utilité ou n’est-il qu’un habillage théâtral ? ». Pour les accompagner dans leurs réflexions, les professionnels du Droit ont abordé tous les volets du rituel judiciaire : l’architecture des bâtiments, la disposition de la salle d’audience, le rôle de chaque intervenant au procès, les costumes, le langage, l’ordre des prises de paroles, la police de l’audience. Il a été perceptible, à travers les nombreuses questions et observations du public, que ce dernier s’est progressivement convaincu que de toute la pertinence et la modernité du rituel judiciaire, seul garant de procès impartiaux et contradictoires, avec ce qu’il faut de gravité et de solennité pour aborder des enjeux de vie déterminants pour le justiciable. 

La soirée s’est clôturée par un moment de convivialité offert par le CDAD au cours duquel les « acteurs » judiciaires ont pu rencontrer leur « public » de justiciable. L’occasion de récolter les réactions enthousiastes et les remerciements chaleureux des 114 visiteurs qui ont avoué avoir beaucoup appris sur l’organisation de la justice, à travers une mise en abyme que certains ont comparé de manière très élogieuse au chef d’œuvre classique « L’illusion comique » de Corneille. Il n’en fallait pas moins pour convaincre la « troupe » judiciaire de commencer à réfléchir à la prochaine édition de la Nuit de Droit !